
- Carte d’identité : Louise
- Ville d’origine : Strasbourg
- Expatriation : Bucarest et Hong Kong
- Ville actuelle : Strasbourg
- Type de visa ou: Bucarest – Erasmus ; Hong Kong – Stage professionnel
Pourquoi vouloir partir de Strasbourg ?
J’ai voulu quitter Strasbourg pour découvrir un cadre différent, apprendre sur les cultures, les différentes langues, réaliser une vraie expérience d’expatriation. Je pense que c’est la curiosité et l’envie d’accomplir de nouvelles choses. Tester mes limites et voir jusqu’où je suis capable d’aller.
Pourquoi avoir choisi Bucarest ?
J’avoue que je n’avais pas énormément trop de choix à la base, je suis partie dans le cadre du programme Erasmus pour mon semestre 1 de deuxième année de DUT. J’avais la possibilité de partir en Roumanie, au Canada, en Belgique, en Allemagne ou en Espagne. J’ai choisi la Roumanie car c’était pour moi la totale aventure. L’inconnu. Avec tous les préjugés qu’on peut avoir sur ce pays, je voulais découvrir par moi-même et m’en faire ma propre idée. Je suis partie avec une amie et croyez-moi, nous n’avons pas regretté.
Pourquoi avoir choisi ensuite Hong-Kong ? Que faisais-tu sur place ?
Je n’ai pas non plus forcément choisi Hong Kong, c’est une opportunité qui m’a ouvert les bras et j’ai sauté sur l’occasion (normal tu vas m’dire !). J’ai fait mon stage de première année de DUT dans une grosse entreprise multinationale à Strasbourg (je fais des études dans le commerce international), ça s’est super bien passé et c’est pourquoi je leur ai demandé s’il était possible de réaliser mon stage de 2ème année chez eux, mais à l’étranger. Et voilà qu’ils m’ont proposé de faire mes bagages pour Hong Kong ! Bien évidemment, je n’ai pas refusé. J’ai donc fait un stage de 3 mois dans le marketing international de cette entreprise.

Que connaissais-tu de la Roumanie et de Hong-Kong avant de partir ?
Ce que je connaissais de la Roumanie avant de partir, mhh… pas grand-chose ! Mis à part tous les préjugés français et européens qu’on peut avoir sur eux, je ne connaissais vraiment rien de ce pays. Si, qu’il est pauvre et que tout n’est pas cher là-bas ! Pour Hong Kong, déjà j’étais persuadé que ça faisait partie intégrante de la Chine… chose totalement fausse pour le moment. J’imaginais ça grandiose, gigantesque, avec énormément de monde, des immenses buildings à en perde la vue. Je pensais que c’était sale, pollué comme jamais, irrespirable. J’avais vraiment une idée de la Chine profonde, j’imaginais ça comme Shanghai ou Beijing.

Comment s’est passée ta première semaine à Bucarest ? Et celle de Hong Kong ?
Ma première semaine à Bucarest et ma première semaine à Hong Kong ont à peu près été les mêmes. Elle m’a servi à chercher mon logement, visiter la ville, chiner dans les petites boutiques, régler mes papiers administratifs, etc. Vous avez en photo mon Airbnb pendant mes 10 premiers jours à HK. On vivait à deux dedans, avec une nana que j’ai rencontrée là-bas. Anecdote : Elle s’appelait Louise, avait 21 ans, était française et kiffait le même style de musique que moi… !! Une deuxième moi ?


Pourrais-tu décrire ton cadre de vie à Bucarest ?
Mon cadre de vie à Bucarest, je dirais… idéal ! En tant que français, on vit comme des rois là-bas. Pour tout vous dire, je vivais dans un 100m² sur une des places principales de Bucarest à deux pas de mon école. Les bars ne sont pas chers, la nourriture n’est pas cher, RIEN n’est cher. Il y a même un bar dans le centre de la ville qui fait toutes les boissons à 1,20 euros ! Et ce n’est pas servi comme à la française avec peu d’alcool et beaucoup de soft, croyez-moi…
On sait que Hong-Kong a des loyers exorbitants et la vie est chère, comment t’es-tu débrouillée ?
Effectivement, ce n’est pas un mythe … Je me suis servie de mes économies, de mes bourses, de mon salaire de stagiaire et d’un peu d’aide de mes parents ! J’ai réussi à avoir un superbe appartement, refait à neuf (on était les premières à emménager). Il s’agissait d’un petit appartement au 18ème étage d’un grand building, d’environ 30-40m² que je partageais avec une suisse allemande et une française. Il y avait donc 3 chambres, de tailles (à peu près) différentes avec un mini salon, une cuisine ouverte et une salle de bain (avec une douche de dingue ! parce qu’attention à Hong Kong très souvent, tu te retrouves à te laver dans des douches/toilettes comme les apparts sont tout petits). Je vivais donc dans une chambre de 9m² au prix d’à peu près 900 euros. Le gros gros + qui nous a fait craquer c’était le rooftop de dingue qu’on avait au 25ème étage. D’un côté vue sur la mer avec la baie de Kowloon (côté chinois, parce qu’Hong Kong est « divisé » en deux entre Hong Kong Island et Kowloon) et de l’autre côté les buildings d’Hong Kong Island. On a déniché cette petite perle rare dans le quartier de Sai Ying Pun, près du centre-ville d’Hong Kong Island et souvent réputé comme étant le quartier des expats français.

Qu’as-tu visité d’autre en Roumanie ?
J’ai visité une bonne partie de la Roumanie. Comme j’avais une carte de train pour pouvoir voyager gratuitement dans tout le pays, c’était plutôt facile et étant donné que nous avions créés nos propres emplois du temps, nous nous étions arrangées pour mettre tous nos cours en début de semaine afin d’être en week-end à partir du mercredi soir.
Donc le weekend, on voyageait ! J’ai fait plusieurs villes : Brasov, Raşnov, Timisoara, Orşova, la route de Transfagarasan (plus belle du monde) et d’autres pays comme la Hongrie et la Grèce.

Plus tu t’enfonces dans la Roumanie, plus c’est local et pauvre mais plus c’est joli. Les roumains des campagnes n’ont pas l’habitude de voir des jeunes ou même des touristes traverser leur pays en faisant des heures et des heures de voyage dans des trains tous pourris. Pour tout vous dire, nous sommes partis trois nanas à Orşova, une petite ville à la frontière de la Serbie ; le soir on est allées se chercher des pizzas dans un petit restau qu’on avait repéré le matin et au moment de franchir la porte, nous nous sommes faites agressées du regard par tout le restaurant. Situation carrément gênante. Brasov et Raşnov sont des petites villes typiques de Roumanie, située à côté du château de Dracula. C’est à faire ! Timisoara, ville magnifiquement dingue. Avec des maisons de toutes les couleurs a t’en faire péter la vue, une superbe architecture et très peu de monde. On a eu l’occasion de faire de beaux voyages et de voir de belles choses à travers ce pays. Je regrette en rien cette destination d’Erasmus.

Comment ça s’est passé avec les Roumains et Hong Kongais ?
Avec les roumains, comme on peut penser le contraire : super bien ! C’est sûr, ils sont un peu retissant au début car ils savent très bien ce qu’on pense d’eux. A partir du moment où on leur dit un ou deux mots en roumain et qu’ils voient qu’on fait un effort. Ils ont les bras grands ouverts. Malgré la pauvreté du pays, malgré ce qu’on peut penser d’eux, ce sont des gens géniaux pleins de vie, heureux vivant dans la misère. Ils n’ont besoin de rien d’autre. On a juste rencontré quelques problèmes avec nos voisins… qui je pense n’appréciaient pas trop que ce soit des jeunes français qui débarquent dans leur immeuble. A Hong Kong les gens sont aussi super, accueillants et ils t’ouvrent les bras. Les asiatiques sont géniaux, pour tout vous dire ils m’ont invité une semaine à Shanghai tout frais payé parce qu’ils trouvaient pas normal que je n’aille pas voir la Chine continentale.

T’es-tu déjà sentie en danger à Bucarest ?
JAMAIS. Je me sentais carrément plus en sécurité à Bucarest qu’en France… A Bucarest, la police est à tous les coins de rues, et les roumains ne sont pas du tout dangereux. Ceux qui le sont c’est les Roms, mais étant donné que ces personnes donnent la mauvaise réputation des roumains ; les roumains les haïssent. Il n’y aura pas un rom qui trainera dans le centre-ville, qui viendra mendier vers vous je vous assure. J’ai assisté à une scène qui m’a le plus marqué à ce sujet. Un soir vers 4h du matin en rentrant de soirée, on est allées manger un kebab à notre QG (meilleur kebab de TOUTE votre VIE entière, MEILLEUR QU’A BERLIN oui oui oui !). A ce moment-là un rom s’approche de nous pour nous demander des sous à mes potes et moi ; il lui a fallu 20 secondes pour commencer sa phrase que le mec du kebab est sorti en gueulant comme pas possible en roumain. Ce qui l’a bien évidemment fait fuir. Combien de fois je suis rentrée à pied toute seule au milieu de la nuit dans Bucarest, jamais aucune crainte ni aucune peur.
Qu’est-ce qui te manque par rapport à ta vie là-bas ?
Les îles, l’eau bleu et le sable fin, la vie sur les roof tops des buildings, la jungle, un peu tout…
Mais je dirais surtout la mentalité, la façon de travailler des asiatiques est tellement différente de la nôtre. En ayant travaillé dans des entreprises différentes dans des pays différents, je peux vous assurer que les plus efficaces et efficients sont bien les asiatiques. Ils se prennent beaucoup moins la tête, passent pas par mille chemins, par mille papiers administratifs. Ils n’ont pas peur et foncent. Ils savent qu’échouer fait partie de la réussite, que c’est juste le commencement.
Qu’est-ce qui te coûtait cher et pas cher à Hong Kong ?
Ce qui était cher : le logement, les transports en commun, la nourriture westerns, les restaurants (25 euros burger + frites), les bières, certains billets d’avion (en fonction des destinations). Ce qui n’était pas cher : la bouffe chinoise, les clopes, le macdo (vive les kilos en + quand tu tournes à 2-3 macdos par semaine, bah oui c’est bon et pas cher…), les attractions/visites, certains billets d’avion (en fonction des destinations), le coût du voyage sur place dans certains pays (Philippines, Indonésie, Thaïlande, Vietnam, Laos, etc.)

Qu’est-ce que tes expatriations t’ont apporté ?
Beaucoup de maturité, beaucoup de découvertes, l’apprentissage des langues, la débrouillardise (t’as quand même quelques petites merdes). Surtout le fait d’en apprendre énormément, c’est ce que j’adore. Quand tu fais des voyages comme ça, tu en apprends tous les jours sur des sujets différents. Que ce soit sur ta vie perso ou ta vie pro, tu apprends. Tu prends ton courage à deux mains aussi et tu tentes des choses, tu prends des risques pour pouvoir tester tes limites et savoir jusqu’où t’es capable d’aller seule. Tu te fais des frayeurs mais tu apprends à les gérer par toi-même et à te DÉBROUILLER. Je pense que c’est ça la vie d’expat, du moins pour moi.
Qu’est ce qui t’a surprise à Bucarest et Hong Kong ?
Le fait que ces deux villes ne soient pas du tout ce à quoi je m’attendais. Le fonctionnement des autres pays est dingue et remarquable. Je m’attendais à l’architecture de Bucarest mais pas à la gentillesse des locaux. Je ne m’imaginais pas du tout voir les paysages que j’ai pu voir à travers le pays. La vie qu’il peut y avoir à Bucarest, des évènements, des expositions, des festivals accueillant des artistes mondiaux. On y pense trop peu souvent à partir en vacances en Roumanie, alors qu’il y a tout dans le pays. La mer, la montagne, la ville, les prix bas et la sécurité.
Ce sont juste ces préjugés qu’on peut avoir qui nous bloquent et nous ne font même pas penser à visiter ce genre de pays. Et je trouve ça bien dommage. Je sais que maintenant que j’ai eu l’occasion de faire une belle découverte d’un pays que je ne connaissais absolument pas, j’ai envie d’en faire encore de plus belles. Dans des pays encore moins développés ou plus pauvres.

Ce qui m’a aussi énormément surprise à Bucarest c’est le fait de savoir qu’il y a une vie dans les égouts de la ville. Des milliers d’enfants et de familles qui se sont retrouvés dans la rue après la mort de leur Président Ceausescu. C’est pourquoi ils ont décidé d’aménager les égouts afin de pouvoir y vivre, à côté des tuyaux de canalisation pour avoir le plus chaud possible.
Les roumains l’appellent l’hôtel de Bucarest. Malheureusement les ¾ de ces personnes sont drogués, avec des maladies. Des enfants de 8 ans inhalent de la colle dans des sachets plastiques, des adolescents de 14 ans se font de piqûres à la seringue. Je vous laisse imaginer la chose. Mais à savoir, ces personnes ne sont absolument pas dangereuses, tu ne les croises même pas dans la rue. Mais tu sais qu’ils sont là et qu’ils vivent dans la misère à côté de toi.
En ce qui concerne HK, ce n’était PAS DU TOUT ce à quoi je pensais. Comme dit précédemment, je m’attendais à une Chine profonde et bah pas du tout ! Sur Hong Kong Island il y a seulement le nord de l’île qui est « buildingiser », tout le reste c’est de la nature, des cascades, des plages, etc. Il y a énormément de verdure et d’endroits paradisiaques contrairement à ce qu’on peut penser. Tu passes tes week-ends à faire des randonnées pendant des heures sous 40 degrés à la recherche de la plus belle plage où passer la nuit, puis tu prends le bateau et tu vas sur une autre île.


As-tu des anecdotes à nous raconter ?
Il s’est passé tellement de choses que je pourrais en écrire des bouquins! Mais je garde un souvenir quand même particulier d’une chose qui m’est arrivée aux Philippines.
Alors déjà tout ce voyage était un gros bordel. Je suis partie avec ma coloc Louise, on est arrivées à Manilles c’était la panique. On se faisait accoster de partout, prendre en photo de partout, des gens nous suivaient, enfin c’était juste horrible. On a réussi à choper un taxi qui nous semblait correct et on a foncé à notre auberge. Cool on est arrivées en vie. On passe la nuit, le lendemain vient vite et voilà qu’on doit quitter l’auberge parce que le soir on prend un bus de nuit pour aller dans les terres des Philippines. On sort de notre auberge toutes les deux avec un gros sac à dos de voyage, on continue de se faire accoster dans la rue, un moment un mec ne me lâche pas pendant près de 45 min (il voulait absolument me tatouer), une dame a dû intervenir au bout d’un moment parce que c’était trop. Enfin bref je vous épargne les détails mais un conseil, NE JAMAIS PASSER PAR MANILLES.

Du coup, on prend ce bus de nuit, le lendemain matin on arrive à Banaue, une petite ville au centre des Philippines. Pendant notre voyage on rencontre un couple de français vivant en Australie et un allemand qui faisait un voyage en Asie tout seul. Du coup ils font un petit bout de chemin avec nous, on décide de monter sur le toit d’un Jeepney et on part en direction de Batad, un tout petit village au milieu des rizières. Les personnes rencontrées décident de venir à notre auberge et rester avec Louise et moi. On dépose nos affaires à l’auberge, on décide de mettre les maillots de bain et on part à la recherche d’une fameuse cascade.
Après 2h de marche et 1800 marches descendues on arrive enfin à cette cascade. Ça en valait la peine de faire toute cette route. A cette cascade un moment je vois un mec qui tend une énorme feuille à un autre mec, donc je vais le voir et je lui demande ce que c’est. Il m’explique qu’il s’agit d’une feuille qu’il fait bouillir dans de l’eau, il le boit comme du thé et ça lui donne l’effet d’un joint. Il me propose de me faire gouter donc bien évidemment je dis oui, on se réunit avec mes amis et ces garçons (un philippins et un espagnol), on commence à discuter pendant des heures et des heures, il nous fait gouter son thé.
Et au fur et à mesure que le temps passe et qu’on discute il nous sort des choses différentes. Du tabac à chiquer premièrement puis il prend une sorte de plante qui ressemble à une boule et l’enroule avec une feuille et nous dit de le mettre au fond de la bouche. Il ne fallait pas le croquer ou le manger mais juste le laisser. On s’est rendu compte après discussion que c’était une sorte de chaman. Il avait toute sorte de plantes qui te donnait des effets différents et qu’il utilisait de manière différente. Il faisait des mélanges d’épices, de plante et de fleurs. Ce mec était juste fascinant. Il nous a fait gouter toute sorte de « drogue médicinale » et comment vous dire que le retour jusqu’à l’auberge a été plus que compliqué.
Pour tout vous dire même, je me suis cassée la gueule dans les rochers de la cascade et je me suis ouverte tout le tibia. Au milieu de la crasse des Philippines et des infections que tu peux choper je n’étais pas rassuré (Toujours emmener du désinfectant !!). Heureusement la fille qu’on avait rencontrée était infirmière, elle avait donc toute la tiraille pour pouvoir me soigner. Donc je confirme oui, tu peux très bien être défoncé avec de simples plantes venant de la nature, juste à côté de nous. Il faut juste être renseigné et connaître ces bijoux à la perfection.


Une idée d’un pays où tu aimerais essayer d’habiter pendant quelques mois/années ?
Je repars bientôt en Nouvelle-Zélande pour faire un PVT pendant 10 mois, une envie de faire un vrai break du monde du business et de mes études. Puis ensuite faire un master au Vietnam et finir m’installer pour de bon à Hong Kong ! Donc oui, j’ai pleinnnns d’idées dans la tête et à mon avis ça va encore changer !
Ton top 5 des endroits où tu aimerais aller ou des expériences que tu voudrais faire ?
Next step : PVT en Nouvelle-Zélande, avec des petits boulots dans le WWOOFING, HelpX, etc. J’en profiterais pour faire la Nouvelle Calédonie et les îles Fidji. Ensuite c’est réaliser mon master au Vietnam pendant 1 ans et demi et 6 mois en Australie. Et mon plus grand rêve c’est de faire le tour de l’Amérique du Sud… mais en tant que nana solo c’est assez compliqué, surtout flippant ! Donc j’attends de rencontrer des acolytes de voyage prêts à s’aventurer avec moi dans ces pays.
Un dernier mot ?
Partez, c’est maintenant ou jamais.

Passionnantes expériences ! Merci pour le partage … et … bonne suite !
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