Castroville: l’Alsace au Texas

En préparant mon voyage au Texas, je me suis souvenu d’un reportage de journal télévisé évoquant la « petite Alsace du Texas ». Après quelques recherches, j’ai découvert que ce village d’inspiration alsacienne se trouvait à seulement quinze minutes à l’ouest de San Antonio, l’une des villes que je comptais visiter lors de mon séjour, juste avant de rejoindre Houston.

Ma curiosité m’a donc poussé à aller découvrir cette petite Alsace. La maison alsacienne, véritable symbole de la ville, attire immédiatement le regard. À l’intérieur, une dame m’accueille chaleureusement : je suis le premier Français qu’elle rencontre depuis deux ans !


L’intérieur de la Steinbach House, maison à colombages construite au XVIIᵉ siècle au pays des cigognes, à Wahlbach (Bas-Rhin), est richement meublé, fidèle à ce que l’on peut voir dans les maisons traditionnelles alsaciennes. Les nombreuses affiches et plaques de villages alsaciens confèrent au lieu un caractère solennel, symbole d’un étonnant échange outre-Atlantique.

En face, la boulangerie alsacienne Haby’s n’a pourtant rien d’alsacien dans sa vitrine. Ni bredele, ni manele, ni tourte au marron, ni même la moindre pâtisserie typiquement alsacienne. À la place, des donuts et des pâtisseries américaines bien grasses, peu engageantes à mes yeux…
L’extérieur du bâtiment, en revanche, reprend fidèlement les codes architecturaux alsaciens, avec ses colombages et ses fenêtres typiques. À l’intérieur, tableaux et affiches rappellent les racines généalogiques du lieu. Lors de la fête annuelle du village, le dernier week-end d’avril, les habitantes ressortent costumes et coiffes traditionnels d’Alsace.

Au Visitor Center, installé dans la Steinbach House, on trouve toutes les informations sur les sites à découvrir dans cette petite ville : l’église catholique, l’écomusée Landmark Inn, la rue de l’Alsace, entre autres.

En moins d’une heure, le tour de la ville est fait (à condition de ne pas s’attarder à l’écomusée). La Fiorella Street est sans doute la plus charmante de toutes. On s’y arrête pour visiter de petites boutiques et antiquaires, admirer l’architecture des maisons et de l’hôtel de ville, ou encore faire une pause dans une ancienne station-service des années 1950 reconvertie en café hipster.


Des alsacien.ne.s aux Texas ?

Castroville doit son nom à un Français originaire de Bayonne : Henri Castro. Diplomate, ancien garde impérial et consul de France dans l’État de Rhode Island, il saisit l’opportunité de fonder une ville lorsque le gouvernement américain concéda des territoires après l’indépendance du Texas, en 1836. Restait à convaincre des émigrants prêts à traverser l’Atlantique pour s’y installer et devenir propriétaires de terres.

C’est en Alsace que sa campagne rencontra le plus grand succès : alors que 600 personnes étaient recherchées, 2 000 tentèrent l’aventure. Le 1ᵉʳ septembre 1844, Castroville fut officiellement fondée. Pendant plusieurs générations, la ville conserva son identité alsacienne — fait très rare aux États-Unis — ainsi que son dialecte. Aujourd’hui, la langue alsacienne tend à disparaître, et seule la moitié des habitants peut encore revendiquer une descendance directe des premiers colons de l’époque d’Henri Castro.

Un autre petit bout de la France se trouve au Texas, cette fois-ci la ville de Paris avec sa mini Tour Eiffel.

3 réflexions sur “Castroville: l’Alsace au Texas

  1. De Dallas Austin San Antonio Houston entre ces belles et grandes villesnooud nous sommes arrêtés à Castroville pour le 15eme anniversaire du jumelage entre Ensisheim Castroville c était un très beau voyage

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